« Je devrais louer meublé, non, c'est mieux fiscalement ? » C'est la question que j'entends le plus souvent avant un premier achat locatif. La réponse a longtemps été assez simple : oui, dans la grande majorité des cas, à cause de l'amortissement. Mais un changement récent mérite d'être connu avant de trancher, parce qu'il rebat une partie de la donne pour un investissement neuf.
Les régimes micro, très différents l'un de l'autre
Si vos revenus locatifs restent modestes, vous relevez par défaut d'un régime micro, sans avoir à tenir de comptabilité. Mais les deux régimes ne se ressemblent pas :
- Location nue (micro-foncier) : plafond de 15 000 € de loyers bruts par an, abattement forfaitaire de 30 % sur ce montant.
- Location meublée (micro-BIC) : plafond de 77 700 € par an, abattement forfaitaire de 50 %.
Un plafond plus de 5 fois supérieur, et un abattement presque deux fois plus généreux. Sur ce seul critère, le meublé est structurellement avantagé dès le départ.
L'amortissement, l'avantage historique du meublé
Au régime réel, la vraie force du LMNP reste l'amortissement : vous déduisez chaque année une partie de la valeur du bien et du mobilier, ce qui efface souvent l'impôt sur les loyers pendant plus de 10 ans. La location nue au régime réel n'a jamais eu cet outil : elle ne peut déduire que ses charges réelles, avec le déficit foncier comme seul levier pour aller plus loin, plafonné à 10 700 € par an hors intérêts d'emprunt.
Ce qui change depuis 2026 : le nu peut, lui aussi, amortir
C'est le point le moins connu, et pourtant décisif pour un achat dans le neuf : le nouveau dispositif Jeanbrun (le statut du bailleur privé) permet désormais d'amortir un bien loué nu, entre 3,5 % et 5,5 % du prix d'acquisition chaque année selon le niveau de loyer pratiqué. La contrepartie : seuls les logements neufs en immeuble collectif sont concernés (maisons individuelles exclues), avec un engagement de location de 9 ans. Pour un achat dans l'ancien ou une maison individuelle, ce levier reste fermé, et le meublé garde toute sa pertinence.
Rendement et gestion : l'autre partie de l'équation
Au-delà de la fiscalité, deux différences concrètes pèsent dans la décision. Le loyer d'un bien meublé se négocie en moyenne 10 à 20 % au-dessus d'un bien équivalent loué nu, ce qui améliore mécaniquement le rendement brut. En contrepartie, un meublé demande plus de gestion : ameublement à financer et renouveler, rotation des locataires souvent plus rapide, état des lieux plus complexe. Le nu, à l'inverse, attire un profil de locataire plus stable, avec un bail plus long et une gestion plus légère au quotidien.
Mon avis : le meublé reste la référence, sauf cas précis
Pour un achat dans l'ancien ou une maison individuelle, le meublé garde un net avantage fiscal grâce à l'amortissement, et je le recommande dans la grande majorité des situations où l'objectif est de limiter l'impôt sur les loyers. La vraie nouveauté à connaître, c'est que pour un investissement neuf en immeuble collectif, la location nue via Jeanbrun devient une alternative sérieuse, avec en plus un profil de gestion plus tranquille. Le bon choix dépend surtout de trois éléments : neuf ou ancien, votre appétence pour la gestion locative, et votre besoin réel de réduire l'impôt sur ces revenus dès aujourd'hui.