Le LMNP, en une minute
Le statut Loueur Meublé Non Professionnel s'applique dès que vous louez un bien meublé sans que cette activité constitue votre activité professionnelle principale. Il peut s'agir d'un bien géré par un exploitant (résidence étudiante, senior, tourisme) ou d'un bien que vous gérez vous-même. Son intérêt : une fiscalité qui peut ramener l'imposition de vos loyers proche de zéro pendant de nombreuses années.
Micro-BIC ou régime réel : la décision la plus importante
Deux régimes fiscaux coexistent, avec un écart d'intérêt souvent considérable. Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire (50 % pour un meublé classique, 30 % pour un meublé de tourisme non classé) sans avoir à justifier vos charges réelles. Simple, mais rarement le plus avantageux. Le régime réel, plus complexe à déclarer, permet de déduire vos charges réelles (copropriété, assurance, intérêts d'emprunt) et surtout d'amortir la valeur du bien et du mobilier, c'est ce mécanisme qui fait toute la différence.
Comment fonctionne l'amortissement au régime réel
Chaque année, vous amortissez comptablement une partie de la valeur du bien (hors terrain) et du mobilier, sur leur durée d'usage estimée. Cet amortissement vient s'ajouter à vos charges déductibles, et réduit, souvent à néant pendant plus de 10 ans, l'impôt dû sur vos loyers. Concrètement : un bien meublé acheté 180 000 € (dont 20 000 € de mobilier), loué 9 000 € par an, génère environ 6 000 € d'amortissement chaque année. Une fois charges et amortissement déduits, il ne reste souvent presque rien à déclarer sur ces loyers.
Géré ou non géré : quelle différence ?
Un bien en gestion déléguée (bail commercial avec un exploitant, typiquement en résidence étudiante ou senior) offre des loyers plus prévisibles, mais dépend entièrement de la solidité financière de l'exploitant, un point à vérifier avec la même rigueur que le bien lui-même. Un bien que vous gérez vous-même demande plus de temps, mais laisse davantage de contrôle sur la location et le choix des locataires.
Ce qui a changé à la revente depuis 2025
C'est le changement le plus important des dernières années sur ce statut : depuis le 15 février 2025 (loi de finances 2025, applicable à toutes les ventes après cette date, y compris pour des amortissements pratiqués avant 2025), les amortissements déduits pendant la détention sont réintégrés dans le calcul de la plus-value au moment de la revente, ce qui l'augmente. Un bien qui a bénéficié de 60 000 € d'amortissements sur 15 ans verra ce montant s'ajouter à la plus-value imposable le jour de la vente. Le LMNP reste avantageux dans la grande majorité des cas, mais l'équation globale (détention et revente) doit désormais être recalculée au cas par cas.
Un point que je vérifie systématiquement avec mes clients, car il change complètement l'équation : les résidences avec services (étudiantes, seniors, personnes handicapées) sont explicitement exclues de cette réforme. Si votre bien est géré dans ce cadre, vos amortissements ne sont pas réintégrés à la revente, l'avantage fiscal du LMNP reste donc intact du début à la fin, contrairement à un meublé classique.