C'est une question que je pose systématiquement en bilan patrimonial : « Vous avez un PERP, un Madelin, un vieux contrat retraite dont vous ne savez plus trop ce qu'il devient ? » La réponse est presque toujours oui, et celle qui suit presque toujours : « Je ne sais pas s'il faut y toucher. » C'est normal, personne ne vous a jamais reproposé de vous en occuper depuis que vous l'avez ouvert.
Le PERP n'existe plus à la souscription, mais le vôtre continue de tourner
Le Plan d'Épargne Retraite Populaire (PERP) n'est plus proposé aux nouveaux souscripteurs depuis le 1er octobre 2020, remplacé par le PER issu de la loi PACTE. Si vous en avez ouvert un avant cette date, il continue de fonctionner normalement : vous pouvez continuer à y verser, le laisser vivre tel quel, ou demander son transfert vers un PER. Rien ne vous y oblige, mais la question mérite d'être posée, ne serait-ce que parce que les règles du jeu ont bougé depuis.
PERP et PER : ce qui change vraiment à la sortie
La vraie différence ne se joue pas pendant la phase d'épargne, mais au moment de récupérer l'argent. C'est là que les deux produits divergent le plus.
Ce qui a vraiment changé depuis 2024 : le coût du transfert
C'est le point que la plupart des articles sur le sujet n'ont pas encore mis à jour. Le décret n°2024-682 du 4 juillet 2024, en vigueur depuis le 24 octobre 2024, a fait passer le plafond des frais de transfert d'un ancien contrat (PERP, Madelin, article 83) vers un PER de 5 % à 1 % des droits acquis. Sur un PERP de 60 000 €, ça ramène une facture qui pouvait atteindre 3 000 € à 600 € maximum, et à 0 € si votre contrat a plus de dix ans. Concrètement, ce qui pouvait dissuader un transfert il y a encore deux ans pèse aujourd'hui beaucoup moins lourd dans la décision.
Mon avis : ce que je regarde avant de recommander un transfert
Je ne dis jamais à un client de transférer son PERP par principe, même avec des frais désormais réduits. Certains vieux contrats portent des taux techniques garantis ou des options de rente bonifiée qui datent d'une autre époque et qui disparaissent définitivement au transfert : les perdre sans les avoir identifiés serait une erreur, pas un progrès. Ce que je fais systématiquement, c'est regarder les conditions précises du contrat existant avant de comparer avec ce qu'apporterait un PER : la souplesse de sortie et la gestion pilotée ont un vrai intérêt, mais seulement si elles ne se substituent pas à un avantage réel que vous auriez ailleurs. Un PER, comme je le dis souvent, se suit dans la durée : un transfert de PERP ne fait pas exception, la décision se prend contrat en main, pas sur une règle générale.