En tant que préfecture régionale, Besançon concentre un bassin d'emploi public important : services de l'État, CHU, université, collectivités territoriales. Un point revient très souvent dans mes échanges avec des fonctionnaires bisontins, et il surprend presque à chaque fois : votre pension de retraite ne se calcule que sur votre traitement indiciaire, pas sur vos primes. Or pour beaucoup d'agents, en particulier en catégorie A, les primes représentent une part significative de la rémunération réelle.
Pourquoi vos primes ne comptent (presque) pas pour votre retraite
La pension civile de retraite se calcule sur le traitement indiciaire brut des 6 derniers mois d'activité, jamais sur les primes, indemnités ou heures supplémentaires. Pour compenser cet angle mort, un régime existe depuis 2005 : la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP). Mais elle a ses propres limites, qu'il faut connaître avant de compter dessus.
La RAFP : un vrai complément, mais plafonné
La RAFP fonctionne par points, financée par une cotisation de 10 % (5 % à votre charge, 5 % pour votre employeur public) prélevée sur vos primes et indemnités. Le point de blocage : cette cotisation ne porte que sur la fraction de vos primes qui ne dépasse pas 20 % de votre traitement indiciaire brut annuel. Concrètement, si vos primes réelles représentent 30 % ou 40 % de votre rémunération, comme c'est fréquent pour un cadre A avec des responsabilités ou des sujétions particulières, la part au-delà de ce plafond de 20 % ne génère aucun droit, ni pour la pension de base, ni pour la RAFP.
Au moment de la liquidation, la RAFP se verse sous deux formes selon le nombre de points accumulés : en capital unique si vous êtes sous 5 125 points, en rente mensuelle viagère au-delà. La valeur de service du point est fixée à 0,05671 € pour 2026.
Ce que ça donne concrètement
Pour un agent de catégorie A avec 30 % à 40 % de primes dans sa rémunération, la pension cumulée (base + RAFP) représente souvent 60 % à 70 % des revenus d'activité, alors que le taux de 75 % du traitement indiciaire, souvent cité comme référence, ne s'applique qu'à la partie indiciaire de la carrière. L'écart entre le revenu perçu en activité et la pension réellement touchée peut donc être plus large que prévu, et il se découvre le plus souvent bien trop tard pour être anticipé sereinement.
Le PER, pour reprendre la main sur ce qui n'est pas couvert
Le PER est totalement indépendant de la RAFP : il permet de se constituer volontairement un complément de retraite, sans plafond lié à vos primes, avec une déduction de vos versements de votre revenu imposable. Il n'a aucun lien statutaire avec la fonction publique, donc aucun frein à l'ouvrir, quel que soit votre corps ou votre grade. C'est le levier le plus direct pour compenser ce que la RAFP ne couvre pas.