« C'est un peu la même chose qu'une assurance vie, non ? » C'est la phrase que j'entends le plus souvent à propos du contrat de capitalisation. Pendant la vie du contrat, c'est presque vrai. Mais deux différences changent complètement la donne selon votre objectif : ce qui se passe à votre décès, et qui peut souscrire.
Ce qui est identique entre les deux
Les deux enveloppes fonctionnent de la même façon au quotidien : versements libres ou programmés, mêmes supports (fonds en euros, unités de compte, parts de SCPI), possibilité de retraits (rachats) à tout moment, avec exactement la même fiscalité sur les gains retirés — abattement après 8 ans, prélèvement forfaitaire ou barème progressif selon votre choix. Si vous ne regardez que la phase d'épargne, aucune différence ne justifie de choisir l'un plutôt que l'autre.
La différence qui change tout : votre décès
C'est là que les deux enveloppes divergent radicalement. L'assurance vie se dénoue automatiquement à votre décès : le capital est versé directement aux bénéficiaires désignés dans la clause bénéficiaire, hors succession, avec l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les sommes versées avant 70 ans. Le contrat de capitalisation, lui, ne s'éteint pas à votre décès : il entre dans votre succession comme n'importe quel autre bien, sans clause bénéficiaire ni abattement spécifique — les héritiers reçoivent le contrat après application des abattements de succession classiques selon leur lien de parenté.
L'avantage inverse du contrat de capitalisation : donner de son vivant
Là où l'assurance vie ne peut être transmise qu'au décès du souscripteur, le contrat de capitalisation peut être donné de votre vivant — notamment en démembrement, en donnant la nue-propriété tout en conservant l'usufruit. Point clé : cette donation se fait en conservant l'antériorité fiscale du contrat. Un contrat ouvert depuis 15 ans, donné à vos enfants, leur fait immédiatement profiter de l'abattement des contrats de plus de 8 ans — un avantage que l'assurance vie ne permet tout simplement pas de reproduire de votre vivant.
Une différence que l'assurance vie ne propose pas : l'accès aux personnes morales
Le contrat de capitalisation est ouvert aux particuliers, mais aussi aux entreprises et sociétés civiles — l'assurance vie, elle, reste réservée aux personnes physiques. C'est ce qui en fait l'outil de référence pour placer une trésorerie d'entreprise excédentaire, avec une taxation forfaitaire qui aboutit en général à un taux réel inférieur à 1 %.