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Assurance vie en déshérence : comment vérifier si un capital vous attend

Un proche est décédé et vous vous demandez s'il avait ouvert une assurance vie dont vous êtes bénéficiaire, sans jamais vous en avoir parlé ? C'est plus fréquent qu'on ne le croit, et la vérification est gratuite. Voici la démarche exacte, et comment éviter que ça arrive un jour à vos propres proches.

Mis à jour le 28 août 2026

Selon le dernier bilan publié par la Caisse des Dépôts en mars 2026, 7,87 milliards d'euros de comptes et contrats d'épargne restent aujourd'hui sans réclamation, tous types confondus (comptes bancaires inactifs et assurances vie). Sur la seule année 2025, 758 395 comptes et contrats ont basculé dans cette situation. En face, 174 000 dossiers ont été restitués à leurs bénéficiaires pour un montant moyen de 943 €. Ce n'est pas un phénomène marginal : c'est une somme qui dort chaque année, faute que quelqu'un pense à vérifier.

Pourquoi une assurance vie finit en déshérence

Un contrat d'assurance vie est dit « en déshérence » quand son souscripteur est décédé et que l'assureur n'a pas réussi à identifier ou à joindre le bénéficiaire désigné. Trois situations reviennent le plus souvent dans les dossiers que je vois passer : le souscripteur n'a jamais parlé de ce contrat à ses proches (une assurance vie ouverte des années plus tôt, parfois via un ancien employeur ou une banque quittée depuis), la clause bénéficiaire est restée vague (« mes héritiers », sans nom ni coordonnées), ou le bénéficiaire a lui-même déménagé sans que l'assureur puisse le retrouver.

La loi impose pourtant aux assureurs de vérifier chaque année, via le fichier des personnes décédées de l'INSEE, si l'un de leurs souscripteurs est mort (article L132-9-3 du Code des assurances). Mais identifier le décès ne suffit pas à identifier le bénéficiaire : c'est exactement le même problème que j'ai détaillé dans cet article sur la clause bénéficiaire et le notaire : une clause imprécise bloque le versement même quand l'assureur sait très bien que son client est décédé.

La démarche gratuite pour vérifier : AGIRA

Si vous pensez être bénéficiaire d'un contrat que vous ignoriez, la première étape est une recherche auprès de l'AGIRA (Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance), qui centralise cette demande pour l'ensemble des assureurs du marché. La démarche se fait en ligne sur agira-vie.fr, ou par courrier, en joignant l'acte de décès du souscripteur et un justificatif de votre lien avec lui (livret de famille, testament, ou tout document établissant que vous pourriez être bénéficiaire). Elle est ouverte à toute personne qui se pense bénéficiaire, à un héritier, ou à un notaire agissant pour son compte.

Une fois la demande reçue, l'AGIRA la transmet à l'ensemble des compagnies d'assurance sous 15 jours. Chaque assureur dispose ensuite d'un mois pour répondre. L'absence de réponse dans ce délai signifie qu'aucun contrat n'a été identifié à votre nom. La démarche ne coûte rien, et il n'est pas nécessaire d'être sûr à 100 % de l'existence d'un contrat pour la lancer.

AGIRA ou Ciclade : deux étapes à ne pas confondre

AGIRA

Pour un décès récent, quand le contrat est encore géré par l'assureur. Recherche gratuite sur agira-vie.fr, réponse sous environ 1 mois et demi.

Ciclade

Pour un contrat déjà transféré à la Caisse des Dépôts après 10 ans sans réclamation. Recherche en ligne sur ciclade.caissedesdepots.fr avec simplement un nom, prénom et date de naissance.

Délai de transfert vers Ciclade

10 ans à compter de la date à laquelle l'assureur a eu connaissance du décès (article L132-9-3-1 du Code des assurances).

Délai définitif

20 années supplémentaires à la Caisse des Dépôts, soit 30 ans au total depuis le décès. Passé ce délai, les sommes sont définitivement acquises à l'État.

Éviter que ça arrive un jour à vos propres bénéficiaires

La meilleure protection contre la déshérence ne se joue pas après un décès, elle se joue avant. Deux réflexes suffisent : dire à ses bénéficiaires que le contrat existe, même sans détailler le montant, et rédiger une clause bénéficiaire nominative et complète (nom, prénom, date et lieu de naissance) plutôt qu'une formule générique. C'est exactement ce que je revois avec mes clients à chaque changement de situation familiale, et que je détaille dans cet article sur le démembrement de clause pour les situations plus complexes (conjoint et enfants d'un premier lit notamment).

Dans un bilan patrimonial, je pose systématiquement la question des anciens contrats : une assurance vie ouverte il y a vingt ans dans une agence qui n'existe plus, un contrat d'épargne salariale d'un employeur quitté depuis longtemps, un compte oublié après un déménagement. Retrouver ces sommes n'est que la première étape : la vraie question ensuite, c'est de savoir si elles sont encore placées de façon pertinente pour vos objectifs actuels, ou si elles dorment sur un support qui ne vous correspond plus.

Questions fréquentes

Comment savoir si j'ai une assurance vie en déshérence à mon nom ?

Faites une demande gratuite auprès de l'AGIRA sur agira-vie.fr, en joignant l'acte de décès du souscripteur présumé et un justificatif de votre lien avec lui. L'AGIRA transmet votre demande à tous les assureurs sous 15 jours ; chacun répond sous un mois.

Qui peut faire une demande auprès de l'AGIRA ?

Toute personne qui pense être bénéficiaire d'un contrat, un héritier, ou un notaire agissant pour son compte. Il n'est pas nécessaire d'être certain de l'existence du contrat pour lancer la recherche.

Et si le contrat a déjà été transféré à la Caisse des Dépôts ?

Après 10 ans sans réclamation, les sommes sont transférées à la Caisse des Dépôts (article L132-9-3-1 du Code des assurances). La recherche se fait alors directement sur ciclade.caissedesdepots.fr, avec juste un nom, un prénom et une date de naissance.

Jusqu'à quand peut-on réclamer un capital en déshérence ?

30 ans au total depuis le décès : 10 ans pendant lesquels l'assureur recherche activement le bénéficiaire, puis 20 ans supplémentaires à la Caisse des Dépôts. Passé ce délai, les sommes sont définitivement acquises à l'État.

Comment éviter que ma propre assurance vie finisse en déshérence ?

Rédigez une clause bénéficiaire nominative et complète plutôt qu'une formule vague, et informez vos bénéficiaires de l'existence du contrat. Je revois systématiquement ce point avec mes clients à chaque changement de situation familiale.

Un capital retrouvé mérite une vraie stratégie

Parlons-en simplement

Que vous cherchiez à vérifier un contrat oublié ou à mettre votre propre clause bénéficiaire à l'abri de ce risque, je fais le point avec vous en quelques minutes.